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Pourquoi en Afrique nous ne respectons pas le jeu démocratique?

Comme ça:
Comme si elle était:
Créé:
31 oct. 2020


Je vous reviens comme indiqué sur un sujet qui est d'actualité en cette année 2020, qui est une année électorale dans beaucoup de pays africains et même au-delà, comme aux USA avec une situation électorale très complexe.

En Afrique surtout celle francophone, à chaque fois, que l'on organise une élection pour élire celui qui va conduire le pays, il survient des ressentiments, des actes et paroles qui conduisent à des violence, qui font oublier la raison principale de l'évènement. On assiste donc à des violences, violations des droits et pertes de tous ordres.

Les explications sont multiples et profondes; mais nous allons voir ensemble quelques raisons, afin de permettre une prise de Conscience, au fil du temps, que nous constatons déjà dans les discussions et conférences sur différentes plateformes.



Le manque d'une couche forte d'éducation dans nos pays africains

Il est vrai que "la raison est la chose la mieux partagée" et que la sagesse n'est pas forcement liée à l'instruction. Tous, avons cette capacité de réflexion, afin d' apporter des solutions à nos difficultés rencontrées individuellement ou par la collectivité, la société.

Toutefois, certaines matières, certaines disciplines nouvelles rentrent en ligne de compte et nécessitent pour sa compréhension, un tout petit peu d'éducation scolaire, afin de mieux les comprendre et les aborder. Faute de quoi, ces nouvelles réalités qui se présentent à nous, seront transposées dans une autre réalité, que nous maîtrisons le  mieux.

Plus simplement, la réalité électorale, pour bon nombre de nos concitoyens n'est pas bien connue ou comprise dans nos cultures et mœurs. Nous sommes organisés par régions et par tribus; Chaque tribu a sa méthode propre d'élection, qu'elle ne nomme et n'aborde pas ainsi. Pour comprendre cette nouvelle réalité, qui est l'élection d'un Chef à la destinée du pays, il est plus facile pour beaucoup de nos concitoyens de l'assimiler à la méthode d'organisation sociale selon la région, la tribu à laquelle, l'on appartient. 

Certains appellent leurs régions, leurs tribus dans leurs ethnies, un PAYS. La compréhension de l'élection qui est traduite dans leurs ethnies, sera dans leur logique assimilée à celle connue depuis des siècles, comme méthode d'organisation sociale. Chez certains le choix ne peut se faire, car étant dans une monarchie, où la transmission du pouvoir de direction se fait de père en fils et chez d'autres il y a un chef qui est choisi d'une génération à une autre.

Seule l'éducation moderne, vue comme une instruction à une nouvelle méthode, permettra de faire comprendre aux uns et aux autres, la différence fondamentale, afin d'éviter toutes formes d'amalgames, qui sont sources de conflits.




L'importance de la sensibilisation à la notion de Nation dans nos pays africains

Peu importe notre degré d'éducation en Afrique, nous restons foncièrement, profondément, attachés à nos tribus. Bien que les pays selon l'histoire, ont connu, des frontières plus ou moins non-naturelles, par effet de la colonisation, nous pensons d'abord TRIBU, c'est-à-dire une appartenance à des personnes qui nous ressemblent, qui parlent la même ethnie que nous et qui soient du même village que nous. A ces personnes, nous nous assimilons avant tout autre considération. Ce qui n'est pas du tout une mauvaise compréhension de la vie, mais devient un problème au niveau étatique.

J'entendais souvent dans mon ethnie, les gens dire qu'un tel est un étranger, tout simplement parce qu'il vient d'un village voisin de la même ethnie. Ce qui n'est pas péjoratif dans leur esprit et n'est aucune source  de division, car compris de tous, comme une question d'appartenance sans rejet de l'autre. Une vérité dite même blessante, reste une vérité. La qualification d'une situation n'est juste là comme une simple information et non un appel à la haine de l'autre.

Dans certaines tribus, l'élection ou le choix d'un Chef du village ou le successeur d'un roi, se fait dans le pur sang, de personnes choisies qui viennent le père et la mère, eux mêmes originaires du même village. Je vous ai dit plus haut qu'une personne d'un village voisin de la même tribu est considérée, comme étant un étranger. C'est la loi interne aux tribus.

Il faudra au niveau étatique, expliquer cette réalité, ne pas la nier puisque comme la culture, elle forge nos mentalités, afin de l'adapter à un niveau supérieur. Il sera nécessaire de faire comprendre que nous sommes un pays composés de différents groupes ethniques, de tribus. Nous sommes une PATRIE, dans l'union de toutes les tribus, qui laisse une partie de leurs lois internes pour embrasser, accepter , dans un meilleur vivre-ensemble, une loi supérieure globale. Ce qui nous permettra de voir dans la même direction, malgré nos différences culturelles et religieuses.

L'idée de NATION ne nie jamais nos différences, mais les prend et les adaptent pour créer une forme de tribu au dessus des autres tribus. Ces tribus regardent tous cette supra-tribu, que l'on appelle un PAYS; Cette supra-tribu, se gardera de préserver les intérêts de chaque tribu en puisant en elle chaque élément pour en faire un cocktail, un ensemble harmonieux, afin de permettre à chaque individu de se reconnaître dans cette supra-tribu, qui va mieux leur faire comprendre son rôle de garantir leur intérêt national. 

La seule chance pour faire tenir un pays en Afrique, est de dépasser nos intérêts tribaux, pour tendre vers une même et seule vision, un même idéal à défendre, à regarder dans la même direction,  c'est-à-dire la NATION.


L'idée de la Nation dans le processus électoral

Dès que les gens avec un peu d'éducation, d'instructions de base, seront passés de l'idée de la tribu à celle de la Nation qui protège leurs intérêts, il serait facile de leur expliquer l'idée de la démocratie par l'institution des élections; Tout simplement parceque toutes personnes de façon instinctive veut protéger sa vie et celle des siens.

Si ma tribu et moi nous arrivons à mettre et à maintenir aussi longtemps, un Chef d'Etat de notre tribu ou ayant les mêmes origines d'immigrés que moi, je me sentirai déjà psychologiquement protégé (e) aussi longtemps qu' il soit à la tête de l'Etat, avant tous privilèges de tout autre nature.

Cet état de réflexion m'oblige, ma tribu et moi, d'être dans un état de nature face aux autres tribus qui sont une menace pour moi et mes siens. Je ne vois plus le territoire, la Nation et la Patrie, mais je vois ma survie et celle des siens en faisant fi de toutes règles ou lois d'un quelconque processus.

Je rentre donc dans une phase, que l'on appelle un état de non-droit;  Je suis à l'état de nature sauvage, dans lequel la loi du plus fort est la justification de mes actes et l'autre en face comme un ennemi à abattre sans état d'âme. Il s'agit de ma survie et celle des siens dans la jungle ou sur une île.

C'est ce processus mental, psychologique, ce non-dit qui surgit à chaque fois que l'on doit élire un  chef dans nos pays africains, surtout ceux francophones. Cet aspect très connu des prédateurs économiques occidentaux, est utilisé à fond, afin de nous voir asservir et nous exploiter. Comme il est dit "lorsque 2 personnes se battent, cela profite toujours à un 3ème". 

Il est temps de travailler sur ces différents aspects, afin de devenir une Nation, qui respecte le processus démocratique propre à nous et qui est le gage d'un véritable vivre-ensemble dans la paix et le progrès des peuples africains.


Mangré Christelle Akossi,  Eveilleur des Consciences et Juriste d'affaires franco-allemand 

Le recueil de pensées pour vous aider au mieux: https://consciencenouvelle.org...

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"Rien n'est gagné d'avance dans la vie ! " Mangré Christelle Akossi

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